Lettre de R. Agret à M. Anzani du 11/04/2009

Publié le par Groupe Renée Leprince pour Dany Leprince

    Roland Agret                                                            le 11 avril 2009.

70 av. Victor Hugo

   26000 Valence

 

                                                                  Madame Martine Anzani

                                                      Présidente de la Commission des Révisions

 

Objet : film documentaire sur l’affaire Leprince, réalisé par Bernard Nicolas, diffusé au soir du 10 avril 2009, sur Canal +.

 

Madame la Présidente ,

 

Je vous avais informée du remarquable travail d’enquête de Bernard Nicolas,

DVD joint, en voici le résultat.

Déjà, nous avons beaucoup de réactions et d’observations :

 

- Le procureur Thin a bien volontairement pollué la presse et conséquemment l’opinion publique, en affirmant que Dany Leprince avait tout avoué et que des éléments confortaient ses aveux.

- Lorsque l’on entend la greffière en voix off, à propos du couteau gravé Leprince retrouvé par l’entreprise Divare en 1999, dire qu’elle ne le retrouve pas plus que les PV d’auditions, que probablement les recherches n’ont pas permis de l’attribuer à l’affaire Leprince, de quelles recherches parle-t-elle ?

A la SOCOPA  ? Scientifique ? A qui il pouvait appartenir ? Néant.

On peut penser que cette pièce très importante a fait également l’objet de destruction, accompagnée des PV allant avec, puisqu’elle reste introuvable sans aucune mention aux Greffes du TGI du Mans, selon la Greffière.

Si tel est le cas, c’est la manifestation de la vérité et la défense de Dany Leprince qui ont été gravement entravées.

 

Le Colonel Lambert, qui dirigeait les premières investigations, pour la première fois accepte de donner des explications, sans langue de bois.

- « Sur cette affaire, il y avait une telle pression qu’au bout de 5 jours j’avais des crampes alors que j’étais un sportif confirmé…garde à vue rude, mes hommes ne pouvaient pas faire autrement…s’ils n’avaient pas vu les cadavres, ils ont vu les photos…je n’ai jamais su que la presse avait titré qu’il avait avoué les 4 meurtres, c’est vrai que ce n’est pas anodin…je ne savais pas que Martine Compain avait travaillé à la découpe de viande à la SOCOPA …un puzzle incomplet…des manques importants…Je me souviens des premières déclarations de madame Hatton et de ses coups de téléphone, mais on n’a pas pu vérifier »…Confirmation d’une enquête sous pression et bien indigente dans le contexte d’une telle tragédie.

S’ajoutant aux récentes déclarations des gendarmes chargés des premiers constats,  qui pendant une semaine ont tout perquisitionné selon eux, passant à côté d’un escalier escamotable, d’un grenier, d’une cave sanitaire extérieure sans les remarquer, qui à l’époque, avaient été jusqu’à déléguer un jardinier pour aller récupérer une supposée arme du crime…C’est de l’amateurisme coupable et indécent dans un tel massacre.

 

Madame la Juge Céline Brunetière, est déconcertante :

- « dans cette affaire, personne ne parle », ce qui est faux. Si l’on sait les  différentes déclarations des Hatton, Froger, Martine et même Célia. Non seulement elles parlent volontiers et même bien trop, mais elles font parler Solène ! Omniprésentes dans l’instruction, elles suggèrent, induisent à volonté.

- « Je ne pouvais pas inventer des ADN », on lui demandait seulement pourquoi elle n’avait pas élargies ses comparaisons réduites à deux seulement.

-« J’ai organisé une reconstitution… » Pour vérifier quoi ? S’il y avait un angle mort dans lequel Martine aurait pu se dissimuler toute la nuit de la vue de sa fille ? Au point qu’elle ne l’ait même pas entendu crier ?

Dans le reportage reconstituant les aveux extorqués à Dany Leprince, confrontés aux faits, nous constatons qu’ils sont d’une incohérence absolue.

- « Je n’avais rien me permettant de mettre Martine en examen… » Ses traces de pas, ses contradictions avec Célia, l’abandon de la petite Solène au milieu des cadavres, ne pas avoir donné l’alerte immédiatement…Il n’y avait pas là matière à une mise en examen ?

- « Martine en état de sidération » : Joli terme psychiatrique, mais pour celui qui connaît le dossier, cela pourrait expliquer ces deux années d’entrelacs et de déclarations contradictoires ? C’est en effet bien sidérant.

- Quant à son récit sur l’audition de Solène, freudien à fond mais juridiquement parfaitement nul.

Aujourd’hui la petite, seule partie civile à l’époque par son tutorat, n’a plus deux ans et peut-être qu’enfin, on pourrait lui donner la parole plutôt que de jouer toujours et encore à être son haut parleur.

 

Nous comprenons pourquoi les journalistes sont restés 3 ans sans nouvelles de l’affaire, comme en atteste Christine Corre de Ouest France dans le reportage. Et que selon Philippe Lavergne, du Maine Libre, les « bruits de bout de couloir du Palais de Justice, annonçaient la condamnation à perpétuité avant le procès ».

Forcément.

 

Telle enquête imbriquée dans une telle instruction ne pouvait aboutir qu’à une catastrophe qui, je le rappelle, porte à sept les nombre des victimes : Brigitte, Christian, Sandra, Audrey, les pauvres massacrés. Le père Papillon, mort de chagrin un an après. Renée Leprince ; suicidée de désespoir et Dany, à 15 ans d’incarcération alors qu’il est non coupable.

Et je suis bien loin d’être le seul à en être convaincu.

 

Dans l’affaire Leprince, au-delà de la Justice , c’est la morale de la recherche de la vérité et la mémoire des victimes qui sont bafouées.

Les faits sont ce qu’ils sont, ici largement démontrés, personne ne les a inventés et l’évidence est aussi cruelle que terrifiante.

A plus forte raison que le verdict ne pouvait même pas être frappé d’appel, immédiatement englouti par la sacro sainte « chose jugée ».

Je pense avec horreur que si la peine de mort n’avait pas été abolie, elle serait probablement entrée dans la Cour d’Assises de la Sarthe et que la tête de Dany Leprince serait tombée.

 

Ce film documentaire, réalisé à partir d’un gros travail de terrain par Bernard Nicolas, à l’origine de « l’affaire Borrel » entre autre, porte à l’opinion publique une bonne part de réalité quant à cette terrible affaire, ce dont elle a manqué le plus. Il participera, c’est certain, à propager le consensus qui s’est largement étendu autour de l’innocence de Dany Leprince.

 

Une centaine de ce DVD pourront bientôt être livrés à un grand nombre de magistrats, d’avocats, de journalistes etc…Réalisé après une solide étude du dossier (qui hante également Bernard Nicolas) et un travail d’investigations mordant dans l’authentique, ce film est incontestablement un énorme révélateur. Une pièce à conviction probante par ses nouveaux témoignages révélés, qui met en évidence la nécessité absolue d’une révision de procès.

 

Cette présente, sans autre prétention que de vous apporter des informations.

 

Veuillez croire, madame la Présidente , en mes sentiments respectueux.

 

                                                  Roland Agret

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felipo 29/04/2009 07:30

bonjour,
Moi je comprend pas pourquoi avec tant d'évidence sur ce dossier que Dany est encore enfermé!! sur ce blog vous donné tte information pour clamer son innocence, mais si la justice ne bouge pas c qu'il y a aussi bcoup d'indices qui l'inculpe!!!
On a souvent accusé une personne indirectement mais elle n'est pas inquiété, pourquoi? y a t'il vraiment des preuves solides???
bonne continuation et biensur que la vérité éclate

waree 26/04/2009 20:29

Bonjour, c'est vrai que c'est très long trois ans, ne peuvent ils pas le relâcher, avec toutes les précautions nécessaires (bracelet électronique), provisoirement en attendant un second procès ?

Combien l'état va l'indemniser pour toutes ces années, la mort de sa pauvre mère, etc, etc. Tout les millions du monde ne suffiront pas à laver l'affront d'une justice coupable d'amateurisme. Une véritable honte.

Je ne devrais peut être pas dire ça ici, mais son ex femme me parait chaque jours de plus en plus comme la coupable...
"Je fais confiance à la justice, pas aux journalistes" dit elle dans le documentaire de canal, tu parles !! Une justice aveugle, qui passe à côté de la vérité, pour sûr qu'elle lui fait confiance... Quand aux journalistes, heureusement qu'ils en existe de la valeur de Bernard Nicolas.

Bon courage à tous.

ceccaldi 18/04/2009 15:38

bonjour,

THINES Claude 14/04/2009 22:50

Martine Anzani est une femme de poigne ! Je crois que c'est elle qui s'était occupée des écoutes téléphoniques de l'Elysée ? En espérant qu'elle agisse très vite, parce que 3 années pour une révision...c'est long...trop long...! Je ne veux pas être du même avis que l'avocat actuel de Dany qui signale que ce temps ne joue pas en sa faveur...!
Mais il y a de quoi faire mauvaise figure...

THINES Claude 14/04/2009 22:40

Bonjour,

Pourquoi Roland Agret ne parle t-il pas du PV de Nelly Hatton lorsqu'elle dit avoir remarqué, le 5 septembre 1994 au matin, la porte-fenêtre du bureau ouverte puis fermée lors de son deuxième passage ? Et les différents éléments qu'elle dit avoir vu ce matin la...? Cela ne disculperait pas Dany, mais cela prouve qu'il y avait au moins un complice...Ce n'est tout de même pas le libraire du coin qui était dans le pavillon ce 5 septembre !