réplique de Roland Agret (juillet 2008)

 

 

Droit de réplique et mises en garde contres les fausses

infirmations, de toutes sortes.

 

Par Roland Agret

 

Dany Leprince est innocent, je le jure !

 

J’ai connu et surtout subi l’erreur judiciaire. Des années de prison et de quartier de haute sécurité pour rien, parce que je n’étais coupable du crime pour lequel j’avais été condamné à 15 ans. Avec Marie-Jo, mon être indispensable, nous avons tout affronté. De l’horreur carcérale aux terreurs administratives.

Quand j’étais séquestré, elle était ma voix extérieure. Elle ameute, elle rassemble, elle convainc. Des intellectuels, des journalistes, des avocats, des magistrats, des écrivains, des comédiens, des hommes politiques, des médecins…Une foule se lève et les médias portent mon affaire et nos cris sur toute les unes.

Après 7 ans d’une lutte forcenée en milieu carcéral, une ultime grève de la faim qui me conduit aux portes de la mort, in extremis et sur intervention d’experts, je suis gracié. Ce qui ne signifie pas réhabilité.

Je suis en liberté mais la bagarre continue. Comment accepter ce qui n’est qu’une faveur Présidentielle lorsque l’on est innocent, que l’on a tant souffert ?

Empoisonnement place Vendôme, deux doigts coupés apportés au Ministère de la Justice. J’obtiens alors, une chose rarissime, surtout à l’époque, la révision de mon procès, après le capitaine Dreyfus et Jean Marie Devaux.

Par la Cour d’Assises du Rhône, je suis innocenté, réhabilité et indemnisé de 250 000 Frs dans la foulée, pour deux années de détention préventive. A l’époque, le législateur n’avait pas prévu d’indemnisation en matière de détention définitive, c’est dire juste après la condamnation. Mais je m’en moquais. Mon honneur avant tout.

Mes enfants seraient ceux d’un réhabilité, pas d’un gracié.

Pourtant, Marie-Jo avait vu toutes ses payes confisquées pour ses nombreux déplacements et actions. Mes parents en étaient arrivés à vendre un appartement pour l’investir dans le combat. Mes beaux parents se ruinaient, en tracts, en réceptions et organisations de manifestations. Un gouffre financier duquel personne n’a été alors indemnisé.

Les lois ayant évoluées, trouvant insupportable cette spoliation, j’ai décidé de me battre pour nos indemnisations. De terribles joutes reprennent. J’étais entré en garde à vue le 11 novembre 1970, le 11 novembre 2005, je suis obligé de me tirer une balle dans le pied, soit exactement 35 ans après. Nous avons été indemnisés. L’affaire Agret s’achevait enfin. Définitivement.

Ce qui ne signifie pas qu’avec moi on est quitte.

 

Mais pendant toutes ces années, je n’ai eu de cesse de mener d’autres combats contre les injustices. Toujours en choc frontal. J’ai connu une bonne dizaine de Directeurs des Affaires Criminelles qui m’ont maintes fois reçu au Ministère. Toujours avec mes éléments sous le bras. C’est ainsi que j’ai participé à obtenir 4 grâces Présidentielles sur de lourdes peines, 2 suspensions puis annulations de peine de 8 et 10 ans. On m’a également vu avec Action Justice, dans des Cours d’Assises, cramponné à la barre des témoins. C’est ainsi que j’ai participé à 14 acquittements et avec le Cabinet Monneret, du Barreau de Marseille, j’ai participé également à une révision de procès.

Sans parler de libérations anticipées où de mises en libertés provisoires ayant abouti à un non-lieu ou une relaxe.

Par rapport à toutes les injustices que j’ai rencontrées, je trouve que c’est peu. Mais ce n’est tout de même pas rien. C’est pourquoi je continue.

 

La pire qui m’est tombée dessus : L’affaire Dany Leprince.

Je n’ai pas de mots pour en dire l’horreur.

Mais vous connaissez certainement cette terrible histoire, entièrement relatée dans un livre, que j’ai co-écrit avec Nicolas Poincaré, journaliste de grand renom à RTL, « Condamné à tort » édité chez Michel Lafon.

Je conclus aussi formellement que solennellement, que Dany Leprince ne peut pas être coupable, parce qu’il ne pouvait pas se trouver sur les lieux du drame, au moment du terrible massacre. Parce qu’un homme seul ne peut pas, en quelques minutes, décimer toute une famille, sans laisser la moindre empreinte. Pire, d’avoir été capable d’en déposer qui appartiennent à d’autres.

Lorsque je parle d’erreur judiciaire, je sais de quoi je parle.

C’est pourquoi, de tout mon honneur d’innocent, je jure que Dany Leprince est non coupable, qu’il est la victime de la plus terrible erreur judiciaire de toute l’histoire de la Justice, contre laquelle je ne céderai jamais.

 

Mon droit de réplique

 

Si demain, après une embrouille avec votre médecin, il publiait sur son blog vos analyses d’urine, avec de nombreuses erreurs, révélant ce qu’il pense de votre santé en se trompant, concluant qu’il va bientôt surprendre son public en publiant bien d’autres choses vous concernant ? Vous en penseriez quoi ? Impossible diriez-vous ? Que nenni, un blog semblable existe ! Un professionnel, agent de recherches ou détective, qui prétend donner « toute la vérité » sur l’affaire Leprince…

 

Sur une photocopie de permis de conduire, je regarde la photo d’identité du blogueur détective et je vois un joli brun au regard profond. Premier prénom : Roger. Roger est un prénom que j’aime bien, il me fait penser à l’un de mes frères qui me manque beaucoup.

Depuis le 1er novembre 2005, date à laquelle j’ai pris la décision de ne plus faire appel à ses services, j’avais décidé en même temps de plus avoir de rapport.

Au point où en sont les choses, je suis bien obligé d’apporter quelques informations et rectifications indispensables, que j’estime devoir à tous les braves gens qui soutiennent Dany et le Groupe Renée Leprince. Pas sur un style ni une intention de règlement de compte, que je trouverais particulièrement indécents autour d’un tel massacre judiciaire. D’ailleurs, avec Roger, tout est dit.

Je pense qu’il attend de moi, que j’entre dans sa polémique. Cela ne sera pas le cas. Je veux rester dans la gravité et la dignité qu’impose ce débat judiciaire.

Le seul grand regret de ma vie : un jour lui avoir donné ma confiance.

 

A la ville comme dans sa campagne, j’ai conscience d’avoir été souvent un alibi et quelquefois un paravent. A un moment donné, je me suis senti comme happé dans ma propre vie privée, imbriqué subrepticement dans la sienne, jusqu’à être désigné comme parrain de sa fille alors que, pour de bonnes raisons ne visant surtout pas la petite, je ne le souhaitais pas vraiment. Et j’aurai certainement à m’en expliquer, puisque souvent, ceci explique cela.

Mais nos parcours sont tellement différents ! Moi que l’on dit excessif, un tantinet flingué qui ne cède devant rien, s’enchaînant devant le Ministère, tenant une conférence de presse à poil, en solidarité avec Dany, nu dans sa cellule. Rien dans la dentelle. Lui d’un calme olympien raffiné, le verbe châtié, amateur de bons cigares et de musique classique.

Déjà, sur le contraste, on ne risque pas de se tromper d’étage.

Dans l’une de ses interview, il dit que je suis l’un de ses modèles. Je ne suis pas certain d’en être flatté.

 

Mais parlons un peu de ses honoraires perçus dans l’affaire Leprince : selon les premiers résultats de recherches bancaires, ce n’est pas 15 000 euros qu’il a encaissé, mais 18 250, preuve à l’appui. Ce qui n’est tout de même pas rien.

Il semble s’étonner et trouver injuste que Dany lui demande des comptes et porte plainte contre lui. Mais qui accepterait de débourser sans sourciller une telle somme sans justificatifs en contre partie ? Qui ?

Je m’étonne seulement que lui, professeur des détectives, ait oublié que pour valider une déclaration, fallait-il encore qu’elle soit signée par l’intéressé. C’est d’ailleurs la première chose qu’a constaté le Président Beyer, avant d’écarter ses six auditions. La décision du complément d’enquête ne reposait absolument pas sur ses grandes investigations...

Désolé, ce n’est ni de mon fait, ni celui de la famille Leprince.

 

En plus, Roger doit logiquement partager son travail avec Corinne Justice : Alors qu’elle était Présidente du Comité, elle avait étudié le dossier à bloc et en avait tiré un paquet de conclusions. Elle lui a remis tout son boulot et l’a accompagné sur les adresses qu’elle avait préparées. Elle n’a pas reçu d’honoraires mais le remboursement de ses frais.

Elle n’était pas la détective en charge de l’enquête, c’était lui.

A mon avis, elle entre en compte, pour grande partie, dans ses repérages et ses milliers de kilomètres. Parce qu’elle lui a été très précieuse sur le terrain. Elle connaissait tout et tout le monde, lui apportant de sacrés raccourcis, y compris sur sa fastidieuse lecture de dossier, qu’elle lui a remis tout épluché, éléments intéressants en avant.

 

Et puisque nous avons parlé d’argent, au départ, tant que la famille a pu suivre, j’ai été défrayé de mes frais. Pour une bonne dizaine d’allers retours au Mans, encore plus à Paris pour sensibiliser autorités comme journalistes, organiser quelques 5 conférences de presse et j’en passe. Tout le monde a vu et sait. Toute la famille sait aussi que j’ai été obligé de mettre gravement la main à la poche. Je dis gravement. Parce que le porte-monnaie des Leprince était sur les rotules depuis un bon bout de temps. Et si je devais calculer mes heures, mes jours, mes années, nous serions encore là demain. Il faut dire que je suis bien incapable de lâcher Dany et la mémoire de tant de victimes. Je suis prêt à me dépouiller.

Quant aux droits d’auteurs du livre, ils seront utilisés pour les honoraires des Avocats, qui bossent gratuitement actuellement. C’est dit et redit.

 

Je regrette que Roger ne connaisse pas l’adorable couple DB, propriétaires de l’ancienne maison de Christian, qui m’ont autorisé une inflation de constats et visites avec les journalistes. Je crois qu’il n’y est passé qu’une seule fois très vite, au moment où les gentils Pernel vendaient aux DB. Il était avec une caméra de France 2, qui consacrait quatre minutes à un reportage sur les détectives. Même que ces braves gens ont déposé une plainte pour violation de propriété puisque, selon eux, l’équipe était entrée en leur absence et sans leur autorisation. Donc, madame Pernel n’a croisé notre détective qu’une seule fois, sur le pas de sa porte et dans ces circonstances. Elle affirme qu’il n’a jamais été question d’enquête à propos de l’affaire Leprince, seulement d’autorisation de filmer, qu’elle n’a pas donnée.

Sandrine et Laurent DB qui ont repris cette maison, ne connaissent pas Roger, pour ne l’avoir jamais vu.

Les deux couples m’en ont attesté, mais je dois dire que j’étais parfaitement au courant, puisque dans mes allers venue, je n’ai croisé personne.

Conséquemment, il ne connaît pas l’ancienne maison de Christian, qui représente pourtant tout le cœur du drame.

Cela m’interroge donc sur ses méthodes de repérages et investigations. A plus forte raison que tous les lieux importants s’imbriquent dans un huis clos de 800 mètres.: Les maisons de Dany et Christian, l’ancienne ferme de Dany, celle de ses parents et la maison des Froger.

Reprenant l’enquête, j’ai d’abord focalisé sur la maison qu’occupait Christian, puis sur Patricia, la tante maternelle, tutrice de Solène, la petite miraculée, qui m’a donné un témoignage capital de quatre pages. Elle non plus ne connaissait pas le détective. Mais à chacun ses méthodes.

 

Je trouve toujours dommage que Roger ne soit pas monté dans le grenier, qu’il n’ait pas vu l’escalier escamotable ni le velux, ni bien d’autres choses. Même si les horaires de Rousseau sont fantaisistes, ce que nous avons toujours dit, je suis certain que, comme moi, il aurait été interloqué par l’exactitude de tous ses propos et éléments rapportés, alors inconnus. Même la Commission des révisions est troublée, à en prévoir un transport sur les lieux pour vérifier le reportage photos que je leur ai produit via les Avocats. Parce qu’en plus, madame Rouxel, de laquelle il a publié ses notes partielles sans son consentement, a largement complété son témoignage auprès de la Commission, dont le travail est impressionnant. Y compris sur les nouvelles recherches ADN. Peut-être que les Magistrats de cette Commission, Maîtres Bredin et Baudelot sont des sots, volontairement embarqués dans un « bidonnage », puisque c’est le blogueur Roger qui l’affirme ?

 

En effet, la logique du blogueur est la suivante, suivant ses propres références.

Sur son site d’abord, dans ses commentaires de détective, à propos d’une émission de Karl zéro, il annonce qu’il aura des révélations fracassantes à donner sur l’affaire Leprince. Entre autre, sur des « manipulations et bidonnages ». Mais ce sera ultérieurement, pour ne pas nuire au complément d’enquête en cours, auprès de la Commission des Révisions.

Pour celui qui n’est pas avisé, cela fouette la curiosité.

Quasi dans le même temps et alors que le complément d’enquête est toujours en cours, c’est-à-dire que l’on peut considérer que l’affaire est frappée d’une nouvelle instruction, il devient blogueur. Si quelqu’un peut parler de l’affaire Leprince, c’est bien celui qui a mené l’enquête, dit-il.

Mais il va bien au-delà. Il rend public des éléments du dossier sans la permission de son ancien client, des notes partielles d’un témoin, toujours sans son consentement. Le tout ficelé autour d’une logique, qui est celle des « manipulations et bidonnages » qu’il doit dénoncer pour rétablir toute la vérité.

Sauf qu’au bout de cette logique, il y a un constat : Les hauts Magistrats qui considèrent le témoignage de Laurent Rousseau, qui ont apporté une nouvelle comparaison, sont gravement attaqués par ses critiques qui visent ces éléments précis. Parce que, les « manipulations et bidonnages » révélés, sont plantés au faîte de ces éléments. Maîtres Jean-Denis Bredin et Yves Baudelot, qui les considèrent eux aussi comme sérieux, sont donc aspirés dans cette logique. En suivant la spirale du blogueur, on pourrait conclure que tout ce monde là, sans parler d’Action Justice et du Groupe Leprince, est crispé sur des « manipulations et bidonnages », pour les cautionner et pourquoi pas, y avoir participé.

A mon avis, nous entrons dans une autre logique : Je pense celle de la calomnie, plantée bien loin de celle d’un débat judiciaire et de la recherche de la vérité.

 

Il attaque méchamment le dossier Leprince, peut-être en représailles à la plainte qu’il a déposée contre lui ? Pourtant, Dany, ne fait que réclamer un rapport et des comptes, ce qui me semble normal. Je crois qu’il lui serait facile de prouver tous ses actes et déplacements. Parce que cela a dû laisser des traces, dans les carnets de rendez-vous, comme dans sa comptabilité.

Maintenant, bombarder un homme innocent et à perpétuité, au nom d’une vérité bien saccagée, excusez-moi, je ne trouve pas cela vraiment très glorieux.

Le blogueur ne rate pas l’occasion de m’allumer au passage, cela ne m’effleure même pas. Même lorsqu’il m’affuble « d’un casier judiciaire » qui laisserait à penser à ses lecteurs, que j’ai peut-être commis quelques braquages ou violé une grand-mère. En somme, que je pourrais être une belle canaille.

Mon casier donc ? Condamnation certainement amnistiée : 1000 euros d’amende pour « recel de violation du secret de l’instruction ». Cette condamnation, je l’ai endossée pour protéger celui qui avait réellement commis le délit. Mais il le connaît peut-être ? S’il a d’autres taches sur mon casier, il peut toujours le faire savoir. Dés fois que j’aurais trucidée ma belle mère sans m’en apercevoir…

 

Dans sa procédure en diffamation contre le livre « Condamné à tort », je trouve un peu fort de café que sans sourciller, il affirme qu’il est en grande difficulté financière à cause de ses actes de bénévolat pour Action Justice.

Rassuré sur ses émoluments dans l’affaire Leprince, j’ai collationné toutes les lettres de mandats et chèques qu’il a encaissés. Je les tiens à sa disposition. C’est impressionnant.

Lettres de mandat à mon entête de Consultant qu’il n’a jamais signées, peut-être une sans ma présence.

Pas un seul de ces mandats est à l’entête d’Action Justice. Je crois qu’il fait un regrettable amalgame avec « ma casquette de Consultant ».

Quant à ma « seconde casquette » de Président d’Action Justice, je l’ai toujours utilisée en d’autres circonstances, auprès du Ministère de la Justice et interventions bénévoles par exemple.

 

Je signale que depuis ma libération en 1977, je ne l’ai pas attendu, ni eu besoin de lui pour aller arracher des résultats à la Direction des Affaires Criminelles. Et si la Justice m’a donné raison à maintes reprises dans ses décisions, ce n’était certainement pas pour me faire plaisir. Des rendez-vous au Ministère, comme avec des Conseillers de l’Elysée, depuis tout ce temps, je ne pourrai pas les comptabiliser. Et le blogueur, dans toute sa longue carrière de détective, combien de rendez-vous en ces hauts lieux de Justice ? Peut-être une seule fois où j’avais pris rendez-vous à propos de Sophie Rainer. Roger était invité dans la délégation que j’avais organisée. Cette femme devait rentrer dans l’heure pour purger 3 ans de prison qu’elle ne méritait pas. En tête de cette délégation, je me suis présenté menotté et entravé au Ministère, avec mes arguments et un recours en grâce que la Directrice de l’Application des Peines m’avait demandé de lui déposer. La peine a été immédiatement suspendue et je ne me suis plus inquiété de ma démarche. Plus tard, Sophie a été graciée.

Dans une interview de Roger, j’ai appris que c’était grâce à lui.

Je n’ai jamais fait dans l’imaginaire, c’est connu et reconnu.

 

Si, après notre rencontre - combien regrettée par la clairvoyante Marie-Jo, dont le premier jugement ne lui était pas favorable - dans mes rapports je mentionnais qu’il était « directeur d’enquête », c’est seulement parce que cela lui procurait un immense plaisir (il en prend encore référence) et lui donnait la responsabilité de ses investigations. A propos de l’affaire Leprince, il cite mon premier rapport dans lequel j’avais inclus les quatre pages d’enquête qu’il m’avait remises. Je disais que son travail était formidable. Que pouvais-je écrire d’autre ?

 

Maintenant, qu’il affirme sans rire dans une interview, avoir fait innocenter Omar Raddad, qu’il a obtenu la grâce de Sophie Rainer, jusqu’à avoir été le déclic de la requête en révision Seznec. Je veux bien, mais désolé, j’ai dû louper un bon morceau du film…

Il se présente donc comme le preux chevalier de la vérité, un peu comme le serait un juge suprême. Mais se rend-il compte qu’il trahit Dany, qui a été son client, en s’acharnant à vouloir saborder son affaire ? Et du même coup, sa pauvre mère, qui a mordu dans son petit CCP pour allonger 18 250 euros ?

Il s’évertue à convaincre ses blogueurs qu’il a bossé comme un malade sur cette affaire, mais ce n’est pas eux qu’il faudra convaincre…

 

Il n’a pas accès au dossier de la Commission, il n’en connaît strictement rien. Ni des nouvelles dépositions, pas davantage sur les nouvelles expertises.

Ce qui ne l’empêche pas d’attaquer les investigations de ces Magistrats. Sur la nouvelle comparaison ADN qu’ils ont communiquée aux Avocats, par exemple. Sur un couteau à manche jaune, elle révèle une empreinte génétique compatible avec celle de Martine Leprince. Mais le blogueur n’est pas d’accord ! La preuve : Un petit joueur de flûte dans la marge – les Magistrats de la Commission apprécieront – il balance une vieille expertise, la page 9, livrant des conclusions ne visant pas Martine. Petit problème, à moins que nous ne possédions pas le même dossier : Il fait référence à un couteau à manche jaune, alors que dans les huit pages manquantes, il s’agit de recherches effectuées sur un couteau à manche noir…Sans commentaire.

Je le redis pour mémoire, la dernière expertise à propos du couteau à manche jaune, ordonnée par la Commission des Révisions, celle qu’il ne possède pas, affirme que dans les ADN mêlés, l’un est compatible avec celui de Martine.

Ce n’est pas nous qui le disons, mais peut-être sommes-nous crétins de le croire.

 

Alors que le livre, co-écrit avec Nicolas Poincaré, a eu une énorme presse, unanime dans ses bonnes critiques, il l’affuble du qualificatif de « médiocre ». Merci, le contraire eût été inquiétant.

 

Dans son blog, il affirme que c’est lui qui a fait « ressurgir l’affaire », qu’il est donc à l’origine de la réouverture du dossier et de la médiatisation. Je veux bien.

Mais à Paris comme dans la Sarthe, tout le monde sait qui a fait quoi.

Pour le cas où cela lui aurait échappé, la médiatisation sur la capitale démarre avec le « Sept à huit » de Nicolas Poincaré. Puis, d’une rédaction à une autre, tout s’enchaîne très vite et très fort. Nicolas en soutien précieux. Les observateurs remarqueront que l’affaire éclate vraiment fin 2006, alors que depuis un an, Roger a été remercié par la famille.

Je peux dire tout de même que, tous les journalistes parisiens que j’ai rencontrés, qui ont traité l’affaire Leprince et ils sont nombreux, sont sidérés de ses revendications. Sidérés, et j’ai les noms…

 

Je suis désolé pour son amie avocate et politicienne, qui avait poursuivi Nicolas Poincaré en diffamation, pour avoir rapporté à l’antenne qu’elle avait tenu des propos à caractère raciste. Comme pour les élections où il était son conseiller, elle a perdu. Jugement repris par la presse. Mais j’ai remarqué qu’elle a le soutien de ses blogueurs et que Roger s’est empressé d’enlever son gros titre qui portait la plainte en événement, tout baigne. Sauf que, à quand le communiqué rectificatif, normal dans une telle mise en cause ?

 

J’ai vu qu’il avait produit une de mes vieilles dédicaces - Je ne referais certainement pas la même aujourd’hui - pour « démontrer qu’à l’époque je l’aimais ». Cela veut dire quoi ?

Quant à son syndicat, dernière trouvaille peut-être, pour porter plainte contre moi et Corinne Justice, au prétexte que « nous avons joué aux détectives rémunérés », ce qui est parfaitement faux, je considère que ce dit syndicat le cautionne et de fait, épouse les mêmes responsabilités que lui. Dont acte. Il faut tout de même remarquer que hier, le bogueur encensait « la pauvre Corinne ». Aujourd’hui il l’attaque, comprenne qui peut. Je pense que son syndicat à grand tort et qu’il nous sera facile d’en prouver.

 

Je suis écoeuré d’autant plus que je ne suis pas procédurier, mais il nous oblige à avoir recours à la Justice. Je n’ai jamais balancé qui que ce soit dans toute ma vie et il va me contraindre à l’exception, parce qu’il a allumé une sacrée mèche.

Si j’ai été obligé de reprendre sa petite enquête dans l’affaire Leprince, c’est bien parce qu’elle n’avait aucune valeur juridique. La « plainte syndicale » en est comme un aveu. Pouvais-je laisser en rade Dany et sa famille ? Certainement pas. Cette famille aurait-elle dû faire appel à son syndicat pour solliciter un détective bénévole, si tant est que cela puisse exister, puisque sa tirelire était fracassée ? Fallait-il laisser l’affaire en l’état ? Avec mes tripes et ma conscience et contre pas un sou, j’ai donc tout repris pour produire un nouveau rapport, estimé consistant par les avocats comme par la Commission.

Je n’ai pas agi en tant que « Consultant » comme Roger le suggère, parce qu’en rompant toute collaboration avec lui, fin 2005, (je relis souvent son mail étonné et peiné) j’ai également viré cette « casquette » dans un même temps. Je n’étais pas en liquidation judiciaire, mais seulement frappé d’invalidité en causalité directe avec la détention abusive que j’ai subie.

 

Sur la mémoire de la pauvre Renée Leprince et l’injustice qui frappe Dany sont scellés un point d’honneur et un serment. Avec Marie-Jo et Nicolas, nous irons au bout du bout, avec la famille Hemonnet, avec Béatrice et les nombreux braves du Groupe qui nous soutiennent. Contre vents et vilaines marées.

Mémoire de la pauvre Renée à laquelle j’estime que l’on apporte un ultime outrage en s’en revendiquant sur ce blog, qui l’aurait certainement rendue bien pire que malade, vu dans l’état et la situation dans laquelle elle se trouvait.

Dans le cadre de l’affaire Leprince et de la tragédie effrayante qui la cerne, je n’ai pas saisi tout l’intérêt que pouvait avoir l’une de mes vieilles dédicaces, comme un paragraphe du livre, dans lequel j’épingle quelques internautes. Peut-être va-t-il aller jusqu’à vous exhiber un jour, une chaussette que j’aurais oubliée chez lui, en Bourgogne ? Dans une affaire aussi grave, j’ai l’impression que ça ne fait que touiller une espèce de bouillie insipide, à mille lieues du drame et de tout esprit de Justice. Bref, si j’ai attaqué quelques internautes, c’est parce Dany et Renée Leprince avaient reçus des mails aussi méchants que délirants. Ils en avaient été très affectés et j’avais personnellement répondu aux personnes visées. Cela dit, je n’ai rien contre les blogueurs et blogueuses, je manque seulement de temps pour jouer de l’ordinateur. Roger lui, a certainement les moyens de vous en consacrer beaucoup. Je me permets de signaler tout de même que lui, le champion de l’anti-censure, a bloqué la première réponse du Groupe.

A mon avis, c’est aussi bien.

A présent, Roger pourra me balancer tout ce qu’il voudra. Je suis sorti un long moment de mon silence pour livrer des explications qu’en fait, je dois à tous, vu la tournure de certaines choses.

Mais je ne lui répondrai plus que par devant une barre de Justice, car nous sommes bien loin d’être sur le même terrain.

Ici, pas un seul mot duquel je ne détienne pas la preuve.

 

« L’erreur est humaine, persévérer est diabolique », selon un proverbe latin…

Courage les Amis, avançons !

Roland Agret